Le Grand Hôtel Montabo à la découverte du Krasnapolsky (Suriname)
- CORALIE Keith
- 23 déc. 2016
- 4 min de lecture

Chaque semaine nous vous proposons de plonger au cœur d’un établissement emblématique de la Guyane depuis plus de 30 ans, le GHM (Grand Hôtel Montabo). La semaine dernière, une délégation de 10 cadres du GHM est partie au Suriname pour rencontrer l’équipe de l’hôtel Krasnapolsky de Paramaribo, pour un échange sur leurs pratiques et un rapprochement qui pourrait être bénéfique au tourisme en Guyane.
Nous avons rencontré Jean-Luk Le West, directeur du Grand Hôtel Montabo, qui conduisait cette délégation partie 48 heures dans le pays voisin…
Le Kotidien : Quel était l’objectif de ce séjour ?
Jean-Luk Le West : Depuis plusieurs mois, nous avons engagé un rapprochement avec l’hôtel Krasnapolsky de Paramaribo. Nous avons décidé d’aller à la rencontre de nos homologues. Il est généralement très intéressant de savoir ce que font les autres, ailleurs. Le tourisme s’apprend en regardant comment travaillent ses voisins.Le Krasnapolsky est un établissement d’un standing comparable au Grand Hôtel Montabo, et sa clientèle est composée à 40% de touristes guyanais. Il paraissait évident que nous aurions des échanges enrichissants. Nous sommes confrontés aux mêmes difficultés que connaissent les établissements situés dans les zones tropicales comme la nôtre.C’était surtout l’occasion de discuter de tout cela entre professionnels, et de renforcer la cohésion d’équipe par l’intermédiaire d’un voyage à l’étranger qui nous a permis de travailler sur la mise en œuvre de notre stratégie pour 2017.
Le K : Que retirez-vous de ces deux jours de rencontres ?
JLLW : Nous sommes partis dans un esprit de découverte, de comparaison. Nous n’étions pas là-bas pour critiquer des confrères, mais plutôt pour confronter nos manières de faire. Cela nous a permis de prendre conscience des atouts que nous devrions valoriser et des faiblesses que nous pourrions corriger afin d’améliorer notre offre et la satisfaction de notre clientèle.Nous allons mettre en place une dynamique commerciale entre nos deux établissements, et faire en sorte que des échanges se développent entre les deux pays. Ce séjour était vraiment très enrichissant, et nous espérons pouvoir accueillir l’équipe surinamaise à Cayenne pour poursuivre ce travail. Mais aller au Suriname est bien plus facile que de venir en Guyane…
Le K : Justement, quels sont les obstacles au développement du tourisme en Guyane ?
JLLW : Aujourd’hui, le tourisme est freiné par plusieurs choses. L’obtention d’un visa est onéreuse et complexe pour les touristes en provenance du Suriname ou de la Caraïbe. Je ne parle même pas du vaccin contre la fièvre jaune, ou des tarifs des billets d’avion qui ajoutent plusieurs lignes au budget à prévoir pour venir en Guyane.Par ailleurs, nous avons actuellement un fort pic d’insécurité qui n’engage pas vraiment les voyageurs à choisir la Guyane comme destination pour leurs vacances. L’image du territoire est encore à travailler dans ce domaine. Ces quelques points suffisent à expliquer que le tourisme reste une activité minoritaire comparativement à ce qui se fait au Suriname.
Le K : Selon vous donc, le tourisme mériterait d’être mis davantage en avant en Guyane…
JLLW : J’ai pour habitude de dire que le tourisme, c’est l’économie des pauvres. Comprendre : les pays qui ne possèdent pas de richesses et qui ont un fort besoin de développement se tournent naturellement vers le tourisme, et mettent les moyens nécessaires pour s’assurer que l’activité fonctionne. Nous commençons à nous structurer, mais nous avons besoin d’un véritable plan d’action(s) défini entre tous les acteurs pour faire décoller la filière. Nous ne pouvons pas nous contenter du tourisme affinitaire et du tourisme d’affaire, qui représentent la grande majorité des touristes posant le pied sur le sol guyanais.
Le K : Quelles pistes pourriez-vous nous donner en exemple ?
JLLW : Le Suriname vit en grande partie du tourisme. Tout est tourné vers la consommation, et en particulier sur Paramaribo, vers la vie nocturne. Il y aurait besoin de pôles touristiques attractifs, animés et nocturnes pour attirer les touristes et créer de l’activité. Les Surinamais eux-mêmes nous ont fait remarquer que l’offre touristique en Guyane était assez peu diversifiée.Le taux de remplissage de nos hôtels n’est pas optimal, puisqu’ils sont concentrés sur les mêmes zones (Cayenne – Kourou – St-Laurent). Il faudrait privilégier la construction de lodges, de carbets haut-de-gamme, dans les lieux (naturels) les plus touristiques, et mettre les moyens pour en faciliter l’accès.Il y a des enjeux importants dans ce domaine, en matière de développement économique et d’emploi. C’est pour cela que je souhaite véritablement que le tourisme guyanais se structure, se cadre, et devienne un pilier de l’économie locale.C’est à tous les acteurs de se mobiliser comme peuvent le faire les surinamais. Leur ministère édite par exemple un guide mensuel de tout ce qui se passe dans le pays, à destination des touristes. C’est un exemple parmi d’autres de ce que nous pourrions mettre en place, en plus d’alléger les conditions d’entrée des touristes en Guyane.
Le K : Vous évoquiez les « atouts » des professionnels du tourisme en Guyane… Pouvez-vous nous en dire plus ?
JLLW : Nous ne sommes pas assez conscients de nos forces. La France bénéficie d’une aura importante en matière de tourisme, de culture, de gastronomie… Il ne faut pas hésiter à mettre ces atouts en avant pour attirer les touristes du monde entier. Par ailleurs, nous vivons dans le modèle européen, avec des normes d’hygiène draconiennes, nous avons un système de santé performant (quoiqu’on en dise), etEn ce qui concerne l’hôtellerie en particulier, nos personnels sont plus compétents, et offrent un meilleur service, une meilleure qualité générale que nos voisins « non-européens ». Nous pouvons prétendre à une clientèle à fort pouvoir d’achat, en continuant à améliorer la qualité de nos services comme nous le faisons ici au Grand Hôtel Montabo, mais aussi, en mettant davantage en avant les atouts que la Guyane et la France ont sur leurs « concurrents. »
Le tourisme a de l’avenir en Guyane. Il suffit d’y croire, et d’y mettre les moyens.
Cet article du Kotidien publié le 23 décembre 2016 expose le travail d'un grand hôtel de la capitale. En effet cette semaine le magasin c'est intéressé au Grand Hôtel de Montabo. Hôtel qui a depuis peu cherché à travailler avec un des hôtel coté du pays voisin , le Krasnapolsky au Suriname. C'est deux grand analysent ensemble les axes à améliorer afin développer leur tourisme respectif.





















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