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Eclairage touristique

  • CORALIE Keith
  • 15 nov. 2016
  • 5 min de lecture

LES FREINS ET LES FACTEURS DE DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR

-Coût de la desserte aérienne et concurrence insuffisante

La Guyane, au départ de la métropole ou des Antilles françaises, est desservie par deux compagnies. Soumise à de nombreuses contraintes d’exploitation pour le transport aérien, la Guyane est marquée par un faible niveau de concurrence mettant à mal l’attractivité des tarifs proposés pour la destination. La tarification des billets au départ de Paris est ainsi visée avec une moyenne de prix plus élevée que pour les Antilles. Elle apparaît également plus pénalisante sur le marché intérieur. Deux compagnies assurent la desserte entre la métropole et la Guyane (l’une quotidiennement et l’autre trois fois par semai ne). Les vols depuis la Guyane vers les Antilles sont assurés par une seule compagnie. La desserte aérienne sur les lignes intérie ures est également assurée par une seule compagnie, ses principales destinations étant constituées des communes les plus isolées de Guyane (Maripasoula, Saül et Grand Santi). Au titre de la continuité territoriale, ces vols intérieurs sont proposés aux résidents des communes à des tarifs conventionnés inférieurs à ceux pratiqués pour les personnes non résidentes de ces communes. Le coût de l'offre aérienne sur les lignes transatlantiques ou au départ des Antilles s'explique principalement par le fait que celleci n'est pas organisée pour le tourisme d'agrément et répond davantage à une logique de tourisme d'affaires et affinitaire. Les coûts ne peuvent donc diminuer que par une augmentation des mouvements de vols.

-La Guyane souffre d’un déficit d’image

La Guyane souffre d’une image d’ « enfer vert » de par l’importance de la zone forestière qui couvre 96 % du territoire. En outre, son histoire liée au bagne et les questions de sécurité liées à l’orpaillage illégal ne sont pas de nature à rassurer les potentiels voyageurs. Afin d’y pallier, quatre campagnes de communication destinées au grand public ont été menées depuis une dizaine d’années à l’initiative du Comité du tourisme. La première, menée de 2001 à 2004, axée sur les atouts du territoire et identifiée par le slogan « Personne ne vous croira », n’a pas eu l’effet escompté et a plutôt favorisé l’image d’une destination risquée. Deux autres campagnes ont été menées entre 2006 et 2009, puis de 2010 à 2013. Axées sur le caractère authentique et différent de la destination Guyane, elles ont eu pour slogan respectif « Où vivre une expérience unique ? » et « La Guyane : Nature, Sciences et Culture ». En 2014, le CTG a lancé une nouvelle campagne (« La Guyane, Naturellement généreuse ») destinée à la clientèle de l’Hexagone, des Antilles, de Belgique, de Suisse et des Pays-Bas. Elle a pour objectif de leur faire percevoir la destination comme un sanctuaire de biodiversité, permettant également une découverte sereine et sécurisée des fleuves et des îles, tout en étant un territoire français et européen au cœur de l’Amazonie. Toujours dans le but d’améliorer l’image du territoire, le Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs de Guyane (SRDTLG) avait également décliné entre 2006 et 2012 des axes de communication destinés à des publics spécialisés (liés au spatial ou intéressés par l’écotourisme…) ou des professionnels du secteur (tour-opérateurs, agences de voyage, voyages de presse, etc.). Ces actions ont été de nature à rendre la Guyane plus visible. Ainsi entre 2001 et 2012, le nombre d’agences de voyages ou de tour-opérateurs inscrivant la Guyane dans leur catalogue a été multiplié presque par trois en passant de 12 à 33.

-Contraintes administratives et sanitaires

Le secteur touristique est soumis à des contraintes administratives et sanitaires qui peuvent être de nature à limiter le nombre de visiteurs en Guyane. L'obtention d'un visa est une obligation pour les ressortissants hors espace Schengen qui désirent séjourner en Guyane. Les habitants de la ville frontalière brésilienne d’Oiapoque sont exemptés de l’obligation de présenter un visa lors de leur séjour dans la commune de Saint-Georges mais doivent demander la délivrance d’une carte de circulation transfrontalière auprès des services de la police aux frontières à Saint-Georges-de-l’Oyapock. Cette carte leur permet de circuler librement dans les limites du bourg de la commune pour une durée n’excédant pas 72 heures et ce sans interruption, sans restriction quant au nombre d’entrées. Par ailleurs, une demande d’exonération de visa pour les Brésiliens arrivant par voie aérienne est en cours. L’obtention d’un visa pour un Français résidant en Guyane (ou non) désirant se rendre au Brésil (uniquement pour un séjour de plus de 90 jours) ou au Suriname est obligatoire. En revanche, aux Antilles, les pays voisins de la zone1 ne sont pas soumis à cette contrainte. A La Réunion, des accords avec l’île Maurice, les Seychelles et l’Afrique du Sud permettent également à leurs résidents et/ou ressortissants chinois, indiens et russes de venir sur l’île sans nécessité de visa. Au-delà du visa, un certificat de vaccin contre la fièvre jaune est également obligatoire pour venir en Guyane et peut constituer un frein au développement du tourisme pour le territoire. Ainsi, selon les recommandations de l’OMS, le vaccin contre la fièvre jaune est nécessaire au Suriname mais pas au Brésil. Par ailleurs, ce vaccin coûteux, et qui ne peut être administré au-delà d’un certain âge, pourrait constituer un obstacle pour les touristes. Ainsi, de fait, les retraités de plus de 65 ans qui n’ont jamais été vaccinés contre la fièvre jaune ne peuvent théoriquement pas venir en Guyane.

-Une offre de produits touristique peu diversifiée, peu visible et relativement coûteuse

Les produits touristiques en Guyane sont peu diversifiés et peu visibles aussi bien pour les touristes que pour les résidents. L'offre la plus visible concerne les circuits écotouristiques qui restent toutefois peu développés. Le tourisme à l’intérieur des terres exploitant les fleuves et les criques reste peu sollicité et a du mal à se structurer pour plusieurs raisons. Il n'existe pas d'offre de points d'étape intégrés dans le paysage qui permettraient la découverte des lieux ainsi que la rencontre des hôtes ou des populations locales. Par ailleurs, les sites d’intérêt en lien avec la nature manquent d’infrastructures telles que des panneaux d’information, d'abris avec sanitaires, de parkings sécurisés ou encore d’appontement pour l'écotourisme fluvial. A ces lacunes s’ajoutent les difficultés liées à l'avitaillement en carburant et en eau potable limitant au final les excursions possibles. Le réseau des tour-opérateurs proposant des circuits organisés sur les fleuves est, pour sa part, insuffisant et peu structuré. Ainsi les visiteurs souhaitant découvrir le territoire intérieur de la Guyane doivent anticiper leur demande, car celle-ci reste soumise à la nécessité pour les opérateurs de constituer des groupes. Au-delà du potentiel de l’intérieur des terres insuffisamment développé, l’offre culturelle et patrimoniale est caractérisée par un manque de structures adaptées. Les activités de loisirs restent également lacunaires. Ainsi plusieurs projets ont déjà été évoqués sans qu’aucun n’ait à ce jour abouti : un parc d'attraction, un aquarium (projet en cours d’étude), un port de plaisance, des casinos (dont sont friands les pays voisins), des musées et des galeries d'art… Enfin, au-delà des zones ou structures existantes qui mériteraient une mise en valeur plus pertinente, d’autres zones présentant un potentiel avéré pour le tourisme (intérieur et Sud de la Guyane) restent inaccessibles tant pour le foncier que la construction d’infrastructures car non cadastrées.

http://www.iedom.fr/IMG/pdf/ne312_eclairage_le_tourisme_en_guyane.pdf (PDF complet)

Cet article est un extrait d'une étude de l’Institut d’Emission des département d’Outre-Mer (IEDOM) de Guyane (PDF 312). Il est proposé par F.DUFRESNE en Février 2015. Il traite du tourisme Guyanais. Il expose en détail les principaux freins et mesures prises par les différentes organisations pour le développement du tourisme local.

 
 
 

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